Das Lachen der Baubo
Fröhliches Nichtwissen (Nietzsche, Bataille, Lacan)
DOI :
https://doi.org/10.21248/riss.2018.88.172Mots-clés :
Rire, Baubo, voile, vérité, féminité, apotropaionRésumé
Avec les propos de Nietzsche sur »la vérité comme femme«, le gai savoir prend congé de toute philosophie idéaliste, leurrée par le fantasme d’une nuda veritas à même d’être révélée par un acte masculin de violence épistémologique. A travers la référence de Nietzsche à la Baubo de la mythologie et au geste de sa propre mise à nu, se dévoile sa pratique comme dépassement de la volonté de savoir. Car ce geste de la Baubo, qui résiste à toute interprétation définitive, reste pour autant incroyablement puissant, et pas seulement pour Nietzsche : l’article propose ainsi de lire la mobilisation de la figure de l’Acéphale par Georges Bataille dans les années 30 comme une variation de celle de la Baubo – et ce pas seulement en raison de leurs affi nités iconographiques. Il en va de même en ce qui concerne la mise en scène théâtrale du tableau de Courbet, L’origine du monde, par Jacques Lacan, une des sources importantes de son Séminaire III – Les psychoses. Ces filiations ouvrent la pensée à l’impossibilité d’une connaissance de sa propre origine, castratrice et menaçante, excitante et fétichisée dans son mystère, ou gaie et affirmative selon les manières de l’investir. Que le geste apotropaïque de la Baubo soit perçu comme obscène, menaçant, drôle ou consolateur, il pose inévitablement la question de la différence des sexes et des possibilités de symbolisation du féminin dans le discours masculin.
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© Nadine Hartmann 2018

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